Lieux Et Monuments Indiens

L’architecture en Inde

 

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L’évocation de l’architecture indienne nous renvoie immédiatement aux images de temples hauts en couleurs aux sculptures délicates. Mais l’architecture en Inde n’est pas que religieuse, la péninsule abrite des sites archéologiques extraordinaires témoins d’une urbanisation précoce, des bâtiments coloniaux majestueux, une architecture contemporaine très originale et un habitat rural adapté aux conditions climatiques et intégré dans le paysage.

 

 

 

1. Harappa et Mohenjo-Daro

Les premières traces d’urbanisation en Inde datent de plus de 3000 ans avec les sites de Mohenjo-Daro et Harappa dans la plaine de l’Indus, dans l’actuel Panjab. Ces  villes avaient une architecture très avancée avec des quartiers consacrés aux diverses activités, des maisons en brique à toit plat et étaient entourées de fortifications. On  estime que plusieurs dizaines de milliers de personnes vivaient dans ces centres urbains au plan quadrillé, avec un système de distribution de l’eau et d’égouts révolutionnaire.

 

2. Architecture ancienne

Après la disparition de la civilisation harappéenne, commence la période védique (de 2000 à 600 avant notre ère) où furent écrits les textes canoniques qui donneront naissance à l’hindouisme mais qui n’est pas très riche en architecture. En effet, les rituels et les sacrifices décrits dans les Veda se déroulent dans des temples éphémères à usage unique dans la forêt.

Il faut attendre l’avènement du bouddhisme pour voir apparaître les fameux stupas, ces empilements de pierres ou de briques contenant généralement une relique. Parallèlement se développe une architecture rupestre (Ajanta) et la construction des premiers monastères.

image001          Au IVᵉsiècle, pendant l’empire des Gupta le territoire indien se couvre de temples grandioses qui sont une représentation du cosmos. Le « saint des saints » au milieu symbolise le centre du monde et tout l’univers se déploie autour. Une tour représente le mont sacré du Meru et des sanctuaires annexes sont consacrés aux diverses divinités. Cette période marque aussi le début de la tradition de la sculpture sur les temples célèbre dans le monde entier. Les reliefs comme ceux de Mahäbalipuram, d’Elephanta ou d’Ellora réalisés du VIIᵉ au IXᵉ siècle sont des exemples de cet héritage sous la dynastie des Pallava. Cette dernière sera suivie par celle des Chola qui verra la construction de célèbres temples comme ceux de Tanjore et Khurajaho.
La fin du moyen-âge est marquée au Nord de l’Inde par l’influence musulmane et les techniques architecturales persanes et arabes apportées par les Turcs dont la mosquée Quwwatul Islam de  Delhi est un parfait exemple. Ce nouveau style va se développer pendant toute la domination moghole.

 

Les experts s’accordent aujourd’hui à distinguer deux styles de temples : le style postgupta avec une tour « en obus » dans le Nord et le style dravidien avec une tour en pyramide et des portes monumentales (ou gopura) permettant d’entrer dans l’enceinte.

3. Architecture coloniale et moderne

L’architecture indienne a été très marquée par les différents colonisateurs. Goa est ainsi India_Goa_Portuguese_Villaconstellée d’églises portugaises et on retrouve à Cochin des traces d’architectures hollandaise ou portugaise. De nombreux bâtiments administratifs des grandes villes sont directement inspirés de l’architecture britannique. La présence française a offert à Pondichéry, ancien comptoir colonial, une promenade de front de mer typique, un plan de la « ville blanche » en quadrillage et des maisons coloniales rappelant celles de la Louisiane.

Après l’indépendance, l’architecture urbaine indienne a souvent tenté de parer au plus pressé en construisant des bâtiments fonctionnels et peu couteux. Les grandes villes qui se sont développées comme des champignons sont donc souvent dépourvues du charme des villes occidentales. Cependant, de nos jours, de jeunes architectes essaient d’innover et on est souvent surpris de découvrir un immeuble high-tech digne du quartier de la Défense à Paris au milieu de cubes de bétons sans caractère.

Certains architectes d’avant-garde ont trouvé dans la cité internationale d’Auroville au Tamil Nadu un terrain de jeu sans pareil où ils ont pu s’exprimer sans retenue. On trouve à Auroville des maisons influencées par Le Corbusier aussi bien que des habitats écologiques à base de matériaux naturels aux formes futuristes et une architecture de terre moderne très adaptée à l’environnement.

 

4. Architecture vernaculaire

La plus grande partie de l’architecture indienne est dite  « vernaculaire », elle est produite par les résidents pour répondre à des besoins immédiats et ne sort pas des études des architectes. On classe cette architecture en deux catégories : les bâtiments pakka, en dur avec des matériaux durables comme les très belles maisons de ville tamoules ou les splendides haveli du Rajasthan et les constructions kachcha à base de matériaux bruts et ayant une durée de vie limitée comme les huttes de terre battue des villages du Sud ou même les bidonvilles de Bombay.

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L’architecture indienne est bien plus riche qu’on l’imagine. Toutes les régions offrent des trésors d’architecture profane ou religieuse, il suffit parfois de sortir des terrains battus pour découvrir, à l’écart des monuments reconnus, un petit temple oublié ou un village qui a su préserver son cachet depuis des centaines d’années.